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24.06.2006
Remarque de circonstance
"Être fier de ce que l’on est" : expression la plus parfaite de la bêtise et de la fatuité qui unit dans un seul et même mouvement l’électeur du FN, la fofolle qui défile sur un char, toute peinturlurée de rose et l’hériter dont le seul mérite est d’avoir un nom.
Être fier de ce que l’on est permet à bon compte de ne pas se pencher sur ce que l’on est incapable de devenir.
11:39 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note




Commentaires
Je peux faire un trackback de votre note sur mon blog ?
Ecrit par : Mathieu | 24.06.2006
C'est même l'excuse des faibles et des vélléitaires... Quant aux héritiers, qu'ils appartiennent ou pas, à cette "noblesse d'Etat", ils sont incapables de devenir, car leur identité sociale collective, réside justement dans leur non-être, ils ne sont que le rejeton d'un(e) illustre, condamné à vivre dans l'ombre du géniteur suprême. Cela ma rappelle Braudel et sa théorie des trois générations...
Ecrit par : Savinien | 24.06.2006
@ Mathieu : avec plaisir.
@ Savinien : A la différence, que les héritiers ont l'architecture du pouvoir avec eux. Ce qui, vous en conviendrez, change pas mal de choses dans la vie de tous les jours...
Ecrit par : Le Rhéteur | 24.06.2006
En réalité je ne sais pas comment faire. J'imaginais qu'il suffisait d'entrer le lien du trackback quelque part pour que votre billet s'affiche sur mon blog, en respectant votre paternité.
Sinon, je ferais un copier-coller en rentrant ce soir, avec un lien fait maison.
Ahhh, l'informatique...
Ecrit par : Mathieu | 24.06.2006
Oui, c'est compliqué. Je sais - à peu près - les faire d'ici, mais j'aurais du mal à l'expliquer...
Sinon, un lien suffira, je ne suis pas à cheval sur ces principes de la nettiquette.
Ecrit par : Le Rhéteur | 24.06.2006
Rose fluo.
Aujourd’hui, comme chaque année à la même date, c’est le jour de la putain de gay pride. C'est-à-dire que des milliers de gugus moulés dans des couleurs vives vont se mettre à la queue leu leu dans Paris en se trémoussant sur de la musique techno de merde pour célébrer leur « différence ». En somme des personnes de tous horizons vont défiler dans les rues en suivant des chars d’un goût douteux pour signifier à tout le monde qu’ils sont fiers de se faire enculer/de brouter du gazon (rayer la mention inutile) pendant qu’une bonne tranche de jeunes crétins, tout ce qu’il y a de plus sexuellement conventionnels, joue les escortes rigolardes parce qu’on ne perd jamais une occasion de marcher dans Paris en écoutant DJ Maurice à donf’.
Les cons.
Oscar Wilde doit se retourner dans sa tombe.
Un esprit chagrin organiserait la merguez pride avec des hordes de mecs en short qui manifesteraient de manière festive (pour la reconnaissance de leur droit à porter des chaussettes avec leurs sandales, entre autres) en écoutant la danse des canards et en beuglant « viens poupoule viens » que tout le monde crierait au mauvais goût. Mais là qu’une bande d’abrutis sexuellement minoritaires se foutent une plume dans le cul pour défiler de Denfert à Bastille au son des sifflets et tout le monde applaudis l’initiative.
Et le pire c’est qu’il m’est arrivé d’être tenté d’y aller, défiler avec les folles. Réflexe ovin de base. Le sang du troupeau ne ment jamais : donnez à un jeune garçon en pleine santé une occasion d’aller dans un endroit à forte concentration (probable) de jeunes filles et soyez sans crainte, il la saisira des deux mains. Quitte a devoir jouer le « gay friendly » pendant deux heures.
Alors que franchement je n’en ai rien à battre de la libération sexuelle des homos : la seule libération sexuelle qui m’intéresse c’est la mienne. Et croyez moi sur parole, elle, elle nécessiterait bien une petite manif de solidarité (voir un petit geste symbolique, si vous ne le faites pas pour moi faites le au moins pour la France).
J’ai rien contre le fait que des adultes consentants du même sexe jouent a touche pipi, ce qui m’emmerde c’est leur volonté de revendiquer leur différence alors qu’ils ont le même taux de connerie que partout dans le monde. Ils ne sont pas moins beaufs ou plus ouverts que les hétéros ils sont juste plus voyants. Surtout avec une plume dans le cul (mais je m’égare).
Je ne défile pas pour l’amicale des joueurs de boule de l’Indre et Loire je ne vois pas pourquoi je défilerais pour les homos.
Ceci dit je doit reconnaître certains avantages a l’homosexualité, notamment par rapport a la mienne de sexualité (la rien-du-tout-sexualité ou Manusexualité comme on l’appelle parfois) : elle arrive plus souvent visiblement.
J’entends déjà les rangs du fond qui hurlent « cliché !!! » (Alors que, franchement, je trouve que je fais preuve d’énormément de mesure dans mes propos je n’ai, par exemple, jamais utilisé l’expression, si controversée, « d’infâme tapette » pour parler de nos sympathiques camarades bodybuildés du Marais, ce qui est quand même une preuve de modération certaine).
A cette accusation minable (car il faut bien l’être, minable, pour n’avoir réussi qu’a chopper des places dans les rangs du fond) je répondrais « pas du tout ». Car a coté de ma sexualité personnelle, proche de celle de la Tortue mononucléosée, n’importe qu’elle autre variante du jeu du docteur (même celles qui mettent aux prises 12 participants et un chien Labrador, pourtant par définition longues à mettre en place, si j’ose dire) est follement débridée dans sa fréquence.
A plus forte raison l’orgie permanente des backrooms moites à l’odeur de pneu brûlé.
Ecrit par : Gibos Keraunos | 25.06.2006
PS:
Rose fluo un vieux texte que j'avais écrit a l'époque du lycée... Il est vulgaire, gratuit mais je l'aime bien :-). J'espere qu'il ne me vaudra pas (trop) les foudres du rétheur. Je n'ai pas résisté au plaisir de le poster ici puisque le sujet arrivait sur le tapis mais...
Je voulais juste essayer, a l'époque, de faire un "a la manière de" (Desproges en l'occurence). Si on me demandait serieusement mon avis sur le sujet je renverrais a l'excellent article de Mathieu (voir plus haut).
Comme quoi... ;-)
Ecrit par : Gibos Keraunos | 25.06.2006
Je serais sans ambage : ton texte ne me plaît pas. Bon, après, je ne suis pas critique littéraire...
Ecrit par : Le Rhéteur | 25.06.2006
Ca tombe bien je ne suis pas auteur...
C'était juste un billet d'humeur vieux de quelques années et toujours d'actualité en ce qui me concerne...
Même si, l'age venant, je nuance mon propos (d'aucuns diraient que je le police) et je diminue fortement la teneur en gros mots...
Il n'en reste pas moins que, chaque année, la gay pride me consterne.
L'égalité, de nos jours, c'est le nivellement par le bas.
Tous pareils, tous idiots.
Merci a toi de ne pas m'avoir censuré en tout cas, j'aurais compris que tu le fasse (c'est dire si j'ai tout de même pris quelques distances par rapport a ce pamphlet qui fleure bon le comptoir et rappelle, j'ose le dire, Bigard dans ses bons jours ;-) )
C'est promis, je ne le ferais plus :-)
Ecrit par : Gibos Keraunos | 25.06.2006
On en redemandait: on est servi ! :)
Ecrit par : Victor Lamb | 25.06.2006
@ Victor : Merci. T'en reveux, y'en ren'a.
Ecrit par : Le Rhéteur | 26.06.2006
Ce texte est typique d'une logique vindicative pleine de terrorisme intellectuel.
Puisque vous reprochez à 15% des gens de voter Lepen, sans vous demander pourquoi ils ont voté, vous devrez aussi vous demander si vous avez raison d'être fier de ce que vous devenez.
La haine du FN rend sourd antidémocratique et fasciste. Vous ne raisonnez plus et adoptez contre les electeurs du FN l'attitude fantasmée que vous leur repochez.
Ecrit par : raph | 26.06.2006
@ Gibos : Je ne censure que la bêtise et la méchanceté gratuite. J'émettais juste un avis.
Une règle que je m'impose : ne jamais ressortir un texte réchauffé. Il devrait y avoir une date de péremption à introduire dans nos documents...
@ Raph : Le problème de la "haine du FN" n'est pas l'objet de ce post. Ce que je pointe du doigt est la place de l'identité supposée dans nos processus d'auto-désignation. En gros : pourquoi nous supposons être alors que nous devrions nous appliquer à devenir ce que nous sommes (pour paraphraser le moustachu célèbre).
Ecrit par : Le Rhéteur | 26.06.2006
Bah, il m'a bien fait rire ton texte Gibos. Ecoute pas trop le vieux, il ronchonne un peu, c'est tout.
Ecrit par : Guiness Boy | 26.06.2006
ok.
Mais je ne vois pas comment on peut faire un lien avec un parti politique. Merci quand même de la réponse.
Ecrit par : raph | 27.06.2006
Je pense, sans trop m'avancer, pouvoir affirmer que le "lien" est celui de la logique d'identité (au sens le plus classique du terme: ce que l'on est).
La revendication d'une identité française* dans une logique d'opposition** étant souvent une des bases revendicatives des partis d'extrème droite (FN, MNR, etc...).
*Généralement plus fantasmée qu'autre chose, de mon point de vue.
**On "est" français (avec tout ce qu'on veut sous-entendre ou pas dans cette définition) par rapport a des actes, des institutions et, le plus souvent, des personnes qui ne le sont pas ou qui, du moins, ne sont pas percus comme tels.
Enfin, en tout cas, c'est comme ça que je l'ai compris.
Ecrit par : Gibos Hypothéticos | 27.06.2006
Je me rappelle à ta lecture cher rhéteur, une discussion que déjà quelques années séparent des jours actuels ; années qui pourtant ne précipitèrent point dans les abîmes de l’oubli de ma conscience ce qu’y fut dit et prononcé alors. Cette discussion - tu t’en souviens peut-être - nous rassemblait tous deux autour de la dégustation des délices ottomanes, comme perdus dans les caligineuses volutes du tabac consumé, et dont l’imprégnation des exhalaisons de ce dernier sur nos vêtements et jusque sur notre langue, renforçait notre amitié dans le partage de notre sagacité et la torpeur de nos heurs oisives. Moment tant de fois partagé que d’habitude, il devint une coutumière règle de vie de nos jeunes années d’étude. Si bien souvent, il s’agissait d’une saine disputatio, l’autre pendant où des heures durant nous nous épanchions en de communes visions, nous faisait nous renforcer dans la douce et stimulante connivence.
Te souviens-tu alors qu’à l’exposition d’un sujet bien proche de celui que tu te proposes de traiter ici, et qu’en termes lapidaires il convient de nommer « la Fierté », tu m’avais dit ceci : « On ne peut être fier que de ce dont on est responsable ».
Ces quelques mots résonnent encore bien souvent à mes oreilles. Si j’ai bien conscience qu’il ne peut s’agir d’une loi, ils conviennent me semble-t-il parfaitement aux termes que tu exposes en ces lieux.
Les électeurs dont tu parles, éprouvent-ils vraiment de la Fierté ? De quoi sont-ils fiers ? Est-ce de leur fait ? Qu’il y ait un amour de sa nation, de son histoire, de sa culture, cela est tout aussi peu discutable que les goûts en tant que conséquences et symptômes d’une éducation et d’un vécu, et pour tout dire d‘une culture matricielle et reproductive. On éprouve de la dilection pour la glaise dont nous sommes fait. En l’aimant nous nous aimons, et qui aime à se détester ? De là, couramment l’humaine engeance dans sa paresse intellectuelle trouve complaisance dans l’affirmation de la supériorité de son propre creuset. La mère de chacun n’est-elle pas la meilleure de par le vaste monde ? Après tout n’est qu’affaire de choix à celui qui est assez éduqué pour avoir le capital culturel suffisant pour détenir les trames de culture exogène. Seul celui-ci peut briser la fainéante habitude de l’esprit dans sa propension au messéant solipsisme. Mais donc, de fierté qu’en est-il ? En quoi la culture avec son cortège de littérateurs, de poètes, de musiciens, celui de bâtiments tels que les châteaux et cathédrales, mais aussi les épopées historiques qui virent dans le sang les hommes s’entrégorger en rase campagne ou dans les horreurs obsidionales pour des prés et forêts supplémentaires, en quoi cette culture toujours fruit du passé leur est donc redevable.
Il me semble là qu’il n’y ait comme je l’ai dit plus haut, qu’amour du sein, et que pour les moins meurtris de surdimutité il n’y ait là rien de plus qu’un choix. Je peux certes aimer Cicéron, Balzac, Hugo, révérer Vercingétorix, Philippe Auguste, St Louis, Louis XIV ou Napoléon, mais puis-je être fier d’eux ? Aurais-je la fatuité de les tenir comme étant de mon propre fait ? Suis-je un tel astre que ma force d’attraction passe par delà les siècles pour les faire mien, leur infligeant l’outrage de la caducité d’actes et d’existence si je n’avais jamais été ?
Et pour ceux qui défilent en d’urbains cortèges, où est la fierté ? C’est oublier qu’il est admis que la fierté implique l’implicite allégeance morale devant la grandeur d’un acte, d’une parole, d’une pensée ou d’un fait. Dans une orientation sexuelle quelle qu’elle soit, où est la grandeur ? Est-il grand de préférer ceux du même sexe, comme y a-t-il plus de grandeur dans la préférence de ceux du sexe opposé ? De même, est-ce grand de préférer le vin à l’eau, ou l’eau au vin ?
Ce qu’il y a de sordide dans ces affirmations, dignes représentantes du turpide sentiment individualiste, c’est qu’elles vouent aux Gémonies les principes humanistes. Voir de la grandeur en ces « lieux humains », c’est affirmer la petitesse des autres. Triste règne de l’implicite comme un cruel venin inoculé à ce qui est seul peut être révéré comme grand : l’œuvre collective d’apprivoisement de la cruauté et de l’animalité humaine.
Trop souvent à mon sens, on se méprend sur la fierté. Ces cortèges veulent célébrer la grandeur de leur préférence, mais s’il ne peuvent se glorifier d’une telle fierté, ils n’en certainement pas à en avoir honte. Là est la confusion. L’absence de honte ne suffit pas, il faut éprouver de la fierté, reléguant ainsi dans la petitesse la différence. Et l’implicite tue toujours, et doublement : l’absence de honte ne fournit pas de preuve, et l’affirmation condamne ce qui est rejeté. Quelle tristesse n’est pas la mienne quand il m’apparaît la pernicieuse mécanique de la revendication.
À ériger en norme l’hétérosexualité jalouse de la puissance aveugle et grégaire que lui donne le nombre, le contraire est vilipendé, méprisé, bafoué au mieux juste raillé par la foule abrutie de ses médiocres certitudes. Quand alors il est prôné que nul ne doit souffrir de discrimination d’aucune sorte, ceux qui autrefois méprisés sortent de leur honte infligée par la masse cruelle et sordide à la stupidité vindicative, veulent alors des preuves de ces bonnes intentions si peu partagées par le plus grand nombre (on ne saurait leur donner tort). À leur tour de se tromper comme je l’ai dit plus haut.
Que ton nom est galvaudé, Humanisme ! Que ta grandeur est méprisée et parfois raillée par les tenants de l’obscurité. Les seigneurs de la médiocrité se disputent et se déchirent dans des haines auto glorificatrices pour se tailler un fief dans la pourpre de ton impérial manteau. Gare à celui qui encense l’univers, le temps est à la jalouse mesquinerie des royaumes.
Ecrit par : Albus Macer | 28.06.2006
Oh, que c'est mal d'avoir associé dans un même panier, pour faire du bel esprit et de bons mots, les électeurs FN, les homos, et les rentiers!
Je suis déçu, je vous croyais plus tolérant que ça, Rhéteur. Je vous rappellerai juste que Jean-Marie Le Pen, appremment décrié par vous, avait cette phrase emblématique : " Au F.N., il y a peut-être des homosexuels, mais il n'y a pas de folles " .
Vous êtes, Rhéteur, et Gibos, en parfaite adéquation avec la phrase et avec la pensée de Le Pen. Vous tolérez l'homosexualité discrète, conventionnelle, invisible, mais les "folles " , fichtre non, elles n'ont pas à être " fières d'elles " . Vous êtes-vous demandé ce que célébraient, historiquement, les gay prides ?
Ecrit par : John | 29.06.2006
John : Vous mélangez tout dans le but d'avoir raison faute d'arguments...
Relisez ce texte et arrêtez de caricaturer notre propos.
Ecrit par : Le Rhéteur | 29.06.2006
John:
Votre raisonnement me parait dangereusement manichéen. Si pour vous la seule alternative a "la folle" c'est l'homosexualité "discrète, conventionnelle, invisible" c'est VOTRE vision de l'homosexualité qui me parait franchement réactionnaire.
D'un coté les planqués (je n'ose dire "les honteuses.."), de l'autre les drags queen en somme ?
Quand est il d'une homosexualité affirmée simplement, apaisée, sure d'elle même sans avoir a en rajouter quinze couches dans le vulgaire et le mauvais gout pour se rassurer en permanence sur sa légitimité a la prise de parole* ?
Et, encore une fois, le fond du billet du retheur (que je soutiens tout a fait dans ce propos) est de souligner que si la majorité des gens s'efforcaient d'etre fiers de ce qu'ils FONT plutot que de l'être de ce qu'ils SONT, notre civilisation aurait probablement un visage plus digne et plus humain.
Le choix de la Gay Pride relevait du domaine de l'exemple.
* selon le bon vieil adage du "qui peut le plus peut le moins"
Ecrit par : Gibos Keraunos | 29.06.2006
Gibos toujours très affûté.
Ecrit par : Le Rhéteur | 29.06.2006
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